Pêche aux jigs
Le terme « jigging » vient de l'anglais to jig, qui signifie sautiller ou bouger de manière saccadée, ce qui décrit parfaitement le comportement du leurre avec cette technique. Elle permet de cibler la quasi-totalité des carnassiers de nos eaux, en particulier les poissons se tenant sur le fond ou à proximité immédiate. La technique s'utilise également très bien en pleine eau pour prospecter sur des poissons en chasse. Là où les poissons-nageurs et autres leurres atteignent leurs limites faute de pouvoir descendre à la bonne profondeur, les leurres souples constituent une excellente alternative !
Leurres et montage
Le leurre souple est enfilé sur une tête plombée (jighook). Veillez à ce que la pointe de l'hameçon ressorte par le dos du leurre : cela réduit les risques d'accrochage et garantit que le leurre nage le dos vers le haut. Le leurre ainsi monté est raccordé au bas de ligne, lui-même relié au corps de ligne principal – et le tour est joué !
Un autre élément important est l'hameçon voleur (stinger ou angsthaken). Il offre un point d'attaque supplémentaire et se révèle très utile sur les grands leurres souples ou lorsque les carnassiers attaquent du bout des lèvres, permettant d'augmenter le taux de réussite au ferrage. Veillez à ne pas le placer trop près de l'hameçon principal de la tête plombée pour ne pas brider la nage du leurre. On choisit souvent une tête plombée à hampe courte pour conserver une grande liberté de mouvement du leurre souple.
Les différentes formes de leurres souples :
- Shad : le shad imite un poisson-fourrage. Sa caractéristique principale est sa queue en palette (paddle). Selon sa taille et sa forme, la palette émet de fortes vibrations sous la traction, parfaitement perçues par la ligne latérale des carnassiers.
- Twister (coma) : sa queue en forme de virgule produit une résistance minimale dans l'eau tout en émettant des vibrations subtiles. Il nécessite peu de plombage pour nager de manière très attractive dès la phase de descente.
- No-Action : ce leurre ne possède presque aucune action propre sous une simple traction linéaire. Il prend tout son sens sous l'effet de petits coups de scion (twitches), qui impriment un ondulation très naturelle à l'ensemble du corps.
- Creature : il s'agit d'imitations d'écrevisses, d'insectes ou de vers. Ces formes très spécifiques produisent des micro-vibrations qui font souvent la différence lors des journées difficiles.
Lignes et bas de ligne
Le jigging sur le fond se prend en main très rapidement. Après avoir lancé votre leurre, vous pouvez refermer le pick-up du moulinet : cela vous évitera de manquer une touche à la descente dans la couche d'eau. La ligne se tend naturellement sous le poids du leurre qui coule. Dès qu'il touche le fond, la bannière se détend visiblement, ce qui se ressent également dans la canne.
Pour cette raison, on utilise très souvent une tresse multifilament bien visible (jaune ou blanche), facile à suivre du regard même au Crépuscule. La tresse est presque indispensable pour le jigging en raison de son absence d'élasticité : elle permet d'avoir un contact direct avec le leurre et de transmettre le ferrage instantanément.
Le leurre ne doit jamais être raccordé directement à la tresse principale ; l'usage d'un bas de ligne est impératif. Pour la pêche de la perche, de la truite ou du sandre, un bas de ligne en fluorocarbone est idéal pour sa discrétion et sa grande résistance à l'abrasion face aux obstacles du fond. Pour le brochet, un bas de ligne en acier ou en titane est obligatoire pour résister à sa dentition acérée.
Les techniques d'animation
Il existe deux méthodes principales pour animer un leurre souple sur le fond :
- Le jigging classique : le leurre est décollé du fond par une traction vers le haut avec la canne. Plus vous levez la canne, plus le leurre monte haut. La canne se retrouvant en position haute, baissez immédiatement le scion tout en récupérant le fil excédentaire avec le moulinet pour conserver un contact direct et être prêt à ferrer. La majorité des attaques surviennent pendant la phase de descente du leurre.
- La technique du « Faulenzer » (animation au moulinet) : le leurre est animé uniquement à l'aide du moulinet. En effectuant deux à trois tours de manivelle rapides, le leurre se décolle du fond. La canne restant immobile, cette technique est particulièrement simple à maîtriser tout en maintenant le leurre plus près du fond qu'avec un jigging classique.
Canne et moulinet
Le choix de la puissance et de la longueur de la canne dépend du poids des leurres, du poisson ciblé et du lieu de pêche :
- En bateau : une longueur de 2,10 m à 2,40 m est amplement suffisante.
- Du bord : une canne de 2,40 m à 2,70 m permet de conserver un meilleur angle et d'atteindre de plus grandes distances de lancer.
Pour la pêche au jig, privilégiez des cannes raides avec une action de pointe rapide. Combinée à de la tresse, cette action garantit des ferrages rapides et efficaces.
Le moulinet étant sollicité en permanence, choisissez un modèle robuste doté d'un ratio élevé pour pouvoir récupérer rapidement l'excédent de ligne et animer votre leurre confortablement.